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Yokainoshima, un voyage ailleurs

Par Filière L, publié le samedi 17 novembre 2018 15:03 - Mis à jour le samedi 17 novembre 2018 15:03
Yokainoshima Daruma
Yokainoshima, c'est l'île aux esprits que nous avons découverte au Musée des Confluences. Une expérience qui nous a dépaysés tant par les images et les objets que les sons et le dispositif muséographique.

Yokainoshima, ou l'île aux esprits

 

14/11/18

 

Le musée des Confluences propose en ce moment une exposition sur les esprits du Japon qui porte le nom de Yokainoshima. Elle nous offre la possibilité de parcourir les nombreuses croyances japonaises à travers trois étapes distinctes que pratique le peuple : l’invocation, l’incarnation et l’interprétation. Les dieux et les représentants des forces naturelles sont conviés aux festivités organisées par les japonais, nous allons donc découvrir pourquoi…

 

Yokainoshima couloir vertLe photographe Charles Fréger est à l’origine des étonnantes images qui illustrent la visite. Pour réaliser son travail il s’est enfoncé dans les terres reculées du pays pour essayer de comprendre et de s’imprégner du monde rural et des traditions japonaises tout en restant le plus partial et partiel. Il faut savoir que le syncrétisme japonais est constitué du shintoïsme, du taoïsme et du bouddhisme.  Les dieux et esprits sont invoqués pour de diverses raisons : l’abondance des récoltes, la guérison, la chance, la prospérité ou encore la protection face aux éléments surnaturels, aux maladies, à la mort en passant par le feu et les démons.

Par exemple, les Kami sont les esprits des phénomènes naturels et des objets du quotidien, bien qu’ils soient invisibles aux yeux des hommes. Les Yokaï quant à eux sont des êtres surnaturels qui prennent la forme de fantômes, de monstres ou encore de démons qui peuvent parfois être malfaisants.

Ces croyances rythment la vie des japonais, c’est pourquoi ils disposent de plusieurs moyens d’invoquer leurs nombreuses divinités. Les planchettes votives peuvent être un intermédiaire pour s’adresser à un dieu en particulier, étant donné qu’elles servent à exaucer un souhait à la divinité tutélaire d’un temple spécifique. Pour multiplier leur chance de voir leur vœux se réaliser, les japonais achètent également des figurines de forme circulaire aux yeux blancs immaculés. Leur apparence serait directement inspirée du moine indien Daruma qui, à force de méditer, aurait perdu l’usage de ses bras ainsi que de ses jambes. La tradition veut qu’un œil de la figurine soit peint en noir au moment où le voeu est prononcé, et le deuxième oeil seulement une fois le vœu exaucé. La plupart de ces croyances viennent en fait directement d’une des religions du syncrétisme japonais, le bouddhisme, dont les quatres constatations sont : la souffrance des êtres vivants, l’existence de causes à cette souffrance, la possibilité de faire disparaître ces causes et enfin l’existence d’une voie menant à la disparition de cette souffrance. La souffrance des êtres se réfère donc au feu, à la maladie et à la mort, et les responsables sont les Yokaï. La possibilité de les faire disparaître réside dans le fait d’invoquer des esprits qui viendront en aide aux humains et le moyen de faire disparaître cette souffrance est d'honorer ces esprits en organisant des fêtes en leur honneur et en construisant des temples pour qu’ils y habitent.Yokainoshima double

 

Le photographe nous montre également qu’ après l’invocation vient l’incarnation, et celle-ci se fait par la danse. En effet, durant les rituels d’incarnation, les japonais enfilent des costumes, des masques et adoptent une gestuelle qui rappelle l’esprit par lequel ils sont possédés.

Cependant, Charles Fréger a rencontré quelques difficultés concernant l’utilisation de ces masques pour ses photographies : en effet, il n’avait pas l’autorisation d’utiliser les vrais masques, car ceux-ci n’ont pas le droit de quitter l’enceinte sacrée des temples, la plupart que l’on voit sur les photos sont donc des copies de vrais masques.

Au fur et à mesure de son voyage, le photographe a abandonné la question de l’universalité pour se consacrer pleinement à son travail sur les esprits japonais. C'est sur place qu'il a construit la réflexion autour de son œuvre, et qu'il a trouvé le nom et la forme qu'il voulait lui donner. Il s’est dit que, pour mener ce travail à bien, il fallait aller plus profond, il a donc été contraint de se concentrer essentiellement sur les yokaï et les namahage qui l’ont tant inspiré. Ces yokaï qu’il caractérise lui-même comme des esprits qui rendent la vie du peuple japonais impossible !Yokainoshima pac man

April L.

Constantin V.

Sarah R. TLfilière L