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La Terminale L-ES à Londres V : dernière contribution !

Par Filière L, publié le mercredi 28 juin 2017 16:58 - Mis à jour le mercredi 28 juin 2017 16:58
British Library
La Terminale L-ES s'est rendue à Londres du 7 au 11 mars 2017. Dernier témoignage de la visite du British Museum, section Living and dying.

L'exposition Living and Dying du British Museum prend place dans une grande salle aménagée en un parcours thématique témoignant des différentes pratiques d'une culture, communauté, ethnie à travers le monde. L'exposition invite donc à une immersion culturelle et illustre ses thèmes par l'exhibition d'objets et photographies analogues provenant du groupe présenté. La présence d'objets atypiques et images attestent de la véracité des propos et donne de la matière visuelle au spectateur qui peut d'abord être attiré par une pièce plutôt que par le concept abordé ou le pays associé. Ainsi les différents espaces traitent de thèmes relatifs à la manière de considérer la maladie, la mort et les morts, l'existence et l'être vivant en général avec les croyances qui y sont associées. Ils poussent le spectateur à se rappeler quelles sont ses pratiques et peut être à les remettre en question. Ils lui font découvrir des coutumes et des valeurs diverses à l'échelle planétaire.

 

            Les planches murales sont ornées de citations provenant de poèmes et sont accompagnées de photos en noir et blanc ; des portraits expressifs de visage en larmes, d'humains vivant dans la misère comme le témoigne la photo de dos d'un enfant soudanais au corps ravagé par la famine. Les citations universalisent la peine et le ressenti, elles ressemblent à des témoignages de vies passées, à des fragments de confidence sur l'existence.

            Dans la partie sur le traitement des ancêtres et des morts soit : « le respect des fantômes »  j'étais contente de retrouver La fête des morts du Mexique et les offrandes associées comme les fameux crânes de sucre. J'aime l'idée que le jour des morts soit festif et que les enterrements ne soient pas un moment difficile à l'inverse de nos coutumes en France. En Papouasie Nouvelle-Guinée les veuves doivent rester enfermées chez elles pendant un certains temps et se rasent la tête. En Europe on se souvient de la connotation négative que cela avait pour une femme surtout à l'époque de la Seconde Guerre Mondiale.

            Du côté des superstitions, il y a une récurrence des objets de types amulettes protégeant du « mauvais œil », de la maladie entre autre, à porter sur soi ou à placer dans son foyer. Le mauvais œil pourrait être causé par la jalousie des autres et l'envie ; ainsi il y a des manières de complimenter un enfant et de le regarder. Le fer à cheval souvent symbole de chance, est aussi utilisé comme protection ainsi que les tatouages au henné. La divination est un art souvent utilisé pour interpréter les signes de la vie et évaluer le futur, le prédire, en se servant parfois de plantes comme les feuilles de thé. Ce genre de pouvoir attribué aux objets s'apparente à l'utilisation de la science et des médicaments en occident. Il y a même des rituels de créations pour la sécurité du créateur et la santé des ressources naturelles comme la rivière. Ainsi le rapport à la nature est très proche et fait partie du culte, comme aux Iles Salomon ou la terre et la mer sont une part de l'identité des habitants.

            Les ressources naturelles impliquent aussi les animaux. En Antarctique les humains et les animaux sont égaux, ils ont la même « essence de vie » mais pour la survie du peuple des animaux doivent être tués. La chasse est envisagée d'une manière totalement inédite à comparer de la chasse à courre ; en effet l'animal doit offrir sa vie en retour du comportement exemplaire de la communauté : c'est cet acte de sacrifice qui fera du chasseur un bon chasseur. De plus d'autres gestes de respect sont témoignés à l'animal une fois mort :  son âme est abreuvée dans l'idée que cela préviendra les autres phoques de la bienveillance des Hommes. Tout comme la présence d'Animal Totem dans les cultures amérindiennes, le Chaman étant le responsable de la richesse physique et spirituelle du peuple. Il voyage dans le monde spirituel avec son âme à la recherche de connaissances cachées prenant les attributs de l'animal qu'il représente.

            Des expositions sont créées autour de ces peuples mais eux ne possèdent même pas de musée, c'est donc une chance de pouvoir avoir accès à un ailleurs.

            Puis, malgré ce que l'on dit sur la haute évolution de nos sociétés occidentales, je pense que l'on a beaucoup à apprendre des pratiques ancestrales et du rapport au vivant des civilisations lointaines. Ces dernières expriment leurs croyances en une réalité dépassant le cadre de l'expérience avec une omniprésence de la notion d'âme. A l'inverse notre modèle sociétal se place beaucoup plus dans l'immanence. 

 

            L’installation « Du berceau à la tombe » située au centre de la pièce étale la vie d'un homme et d'une femme à travers leurs traitements médicamenteux. L'abondance des pilules frappe le spectateur et est accompagné d'effets personnels : pièces de journal manuscrits, objets usagés... Le taux de médicament augmente avec le temps et signifie pour moi notre manque de considération première pour la santé lors de notre jeune âge mais aussi quelque part l'échec de nos moyens de guérison ; les médicaments traitant un symptômes et non une cause. Mais ils nous permettent de faire taire la douleur de lutter contre l'inévitable mort en tentant d'allonger notre durée de vie : à quel prix ?

            Cette exposition permet aussi de rappeler que l'humain partout sur terre fait l'expérience de sa vie à travers son ressenti et développe des compétences et de la connaissance pour y faire face.

 

            En deuxième choix d'exposition je me suis tournée vers les aquarelles de paysages anglais du dernier siècle ; arrivée dans la salle ce sont les Picasso qui m'ont finalement retenue. Des croquis exposés et autres dessins à la craie m'ont finalement réconciliée avec son art pas si abstrait que cela. Les aquarelles étaient pour certaines très rigoureuses avec un mélange de techniques de pointillisme très appréciable.

Florine, TL

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