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In the fade, un film complexe

Par Référent Culture, publié le vendredi 16 mars 2018 19:49 - Mis à jour le vendredi 16 mars 2018 19:50
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Les élèves de TS1 et de TL se sont rendus à La Mouche le 6 mars pour assister à la projection du film In the fade du cinéaste allemand Fatih Akin. Ils ont abordé les questions complexes de l'amour, de la justice et de la vengeance : témoignages.

Premier témoignage et premières interrogations sur ce film de Fatih Akin dont les élèves ont pu reparler avec Jonathan Eyraud, le médiateur cinéma de La Mouche :

     A l’occasion du festival Paroles, paroles organisé par le cinéma la Mouche, nous avons eu l’occasion d’assister à la projection du film In the fade du cinéaste allemand Fatih Akin qui a reçu le prix du meilleur film étranger aux Golden Globes. Ce film m’a entièrement plu, j’aime la finesse avec laquelle Fatih Akin traite le sujet du racisme et de la haine raciale. On peut voir que c’est un sujet qui le touche vraiment, que le cinéaste se sent concerné par ce problème, probablement à cause de ses origines turques. L’articulation des trois parties qui reflétaient les différentes phases du deuil par lesquelles passait Katja nous embarquait dans des atmosphères totalement différentes.

     La première partie, où l’attentat perpétré par le groupuscule nazi tue Nuri et Rocco m’a réellement émue. Les larmes et le décor, sombre, pluvieux, nous plongent dans le même état d’esprit que Katja. On perçoit sa détresse qui la pousse à consommer des drogues et à la scène où elle s’entaille les veines. Fatih Akin dénonce également, à travers son film, les méfaits de la drogue qui vont engendrer la décrédibilisation de Katja face aux avocats des Möller. Le verdict prononcé en faveur des criminels traduit une critique du système judiciaire qui ne rend pas justice aux défunts. On voit également la réticence, qu’ils soient enquêteurs ou avocats, à l’égard de Nuri, le défunt mari, qui se voit accusé de son propre décès. Tous les policiers émettent la thèse du règlement de compte dû à ses origines et à son passé de dealer. Ainsi, malgré une parfaite réinsertion, le doute plane sur lui.

     Enfin, la dernière partie du film fut assez déroutante mais d’autant plus palpitante. La vengeance de Katja qui décide de faire sa propre justice reste assez floue jusqu’à la scène finale.

     J’ai été stupéfaite quant à la qualité du jeu de Diane Kruger qui a reçu le prix d’interprétation féminine au festival de Cannes.

      J’aime la manière dont est tourné le film avec notamment des vidéos amateurs de leurs moments passés en famille, ainsi que le point de vue adopté. Nous sommes plongés dans le point de vue de Katja et percevons sa douleur et sa détresse. Nous comprenons que cette femme torturée ne pourra pas recommencer et poursuivre sa vie.

       Ainsi, le film traite parfaitement le sujet de l’amour, celui d’abord d’une mère et ensuite d’une épouse à la fois détruite et en rage contre des actes racistes et xénophobes.

Manelle, TS1.