Sculptures de Livio Benedetti et de Bruno Saas

Sculpture de Livio Benedetti

Tête sculptée dans le bronze par Livio Benedetti, d’après « l’athlète vainqueur » qui se trouve au Louvre.

Il s'agit d'un vainqueur, représenté dans l'état de calme physique et moral qui suit la victoire, et dans la chevelure se voit une couronne, simplement formée de deux tiges entrelacées à leurs bouts que l'on reconnaît aisément de profil où s'aperçoit la section nette du rameau, et de face où, deux fois passées l'une sur l'autre, elles se terminent par une double feuille enveloppant un fruit : les feuilles petites et allongées, les baies ovales et insérées sur un mince pédicule ne peuvent être que du myrte ou mieux encore de l'olivier sauvage, le kotinos dont on couronnait les vainqueurs d'Olympie.

D’après Michon Étienne. Tête d'athlète (Musée du Louvre). In: Monuments et mémoires de la Fondation Eugène Piot, Tome 1, fascicule 1, 1894. pp. 77-84.

A travers cette sculpture, la ville de Saint-Genis-Laval a souhaité symboliser la tête décapitée de Saint-Genis ou Genest, comédien romain martyrisé sous Dioclétien au IVème siècle, et dont elle tire son nom.


 

Sculpture de Bruno Saas

Mise en œuvre du lieu - mise à l'œuvre du lieu

De prime abord, le lieu d'implantation de l'œuvre qui est proposé se situe dans l'enceinte virtuelle du lycée, mais il se rattache physiquement au domaine public par un libre accès des piétons cheminant sur l'allée du Parc.

Ainsi l'œuvre proposée ne peut être exclusivement conçue à usage interne mais doit s'offrir à l'usage de tous.

Il est également remarquable d'observer combien cet espace est un lieu d'usage propre à l'attente, au passage, à l'entre-deux (lieu d'attente des lycéens avant et entre les cours mais aussi lieu du coup d'œil furtif du passant à travers les vitres).

Cette notion de passage et d'entre-deux se trouve renforcée par un sentiment ambigu de lieu tout à la fois clos et perméable.

Clos par le fait que cet espace au plafond bas n'est accessible physiquement que d'un côté, perméable dans le sens où ce lieu est perceptible de l'intérieur; de l'extérieur il laisse découvrir la vie du lycée.

Ainsi ces différentes remarques et impressions associées à la notion d'usage confèrent à ce lieu cette dimension supplémentaire qui est propre à l'espace. Et bien plus qu'un lieu, où poser une œuvre avec tous les risques d'incongruïté et d'inadaptation qui se dégagent de la confrontation entre une œuvre trop personnelle et un lieu lui-même contraignant, il s'avère plus juste de s'adapter et de se mettre au service de cet espace.

Ainsi m'est-il apparu qu'il s'agissait beaucoup plus de "mettre en œuvre" cet espace que de le "mettre à l'œuvre".

La classe buissonnière

Être à l'école et vouloir être en vacances,

être en classe et vouloir courir dans les prés,

être enfant et vouloir déjà être grand,

être grand et vouloir retourner sur les bancs de l'école, être dehors et regarder dedans,

c'est déjà loin et c'est comme si c'était hier !

Voilà quelques sentiments qui me sont venus en élaborant la mise en scène de cette "classe buissonnière" où une rangée de tables de classe est posée sur un dallage représentant une parcelle de champ de fleurs en plein été. Les élèves semblent s'être envolés il y a un instant, laissant sur les tables et sur les murs, figés dans la fonte, leurs outils et effets personnels.

Sur les vitres de l'école sont inscrites, comme sur la buée, les pensées qu'ils y ont eues.

Ainsi est planté le décor :

- une rangée de tables où le temps s'est pétrifié dans la fonte : cartables, livres, crayons, vestes accrochées aux porte-manteaux;

- un éclairage scénique qui ponctue l'espace;

- un plancher traditionnel métamorphosé en un champ de coquelicots transcende l'espace et crée les conditions du décalage poétique.

Tout est prêt pour que l'œuvre vive et que les acteurs entrent en scène.

Allier la notion d'usage à celle d'interactivité est une des principales composantes de cette "mise en œuvre" de l'espace.

L'œuvre n'est plus seulement objet à contempler mais œuvre vivante, évolutive, lieu et espace vivant.

L'école imprime sa marque sur l'enfant - l'enfant imprime sa marque sur l'école

Les acteurs, les élèves mais tout autant les promeneurs , peuvent jouer leur rôle : celui de l'instant poétique où la traversée du miroir devient possible, celui où l'adulte en s'asseyant à une table se revoit enfant, celui où l'enfant présent dans les lieux se voit adulte ailleurs.

Mais derrière le jeu, n'y-a-t-il pas cette réflexion sur l'insatisfaction de l'homme quant à sa place dans son espace et son temps ?

Enfant il veut devenir grand et quitter l'école, adulte il songe et veut traverser les vitres de cette classe, s'asseoir à sa table et recommencer.

Sur les vitres de l'école, sont imprimées par sablage sur le verre, les pensées de ces différents acteurs qui jouèrent cette pièce sur la traversée des apparences.

Ils y ont laissé leurs empreintes : textes d'écrivains se repenchant sur leur passé d'écolier, pensées de lycéens à l'image de celles laissées par des générations successives sur les pupitres d'écoles, mais aussi des textes écrits pour cette "pièce" par les lycéens de Saint-Genis sur leur propre temps d'école.

 

 

Ces textes sont le résultat d'une démarche et d'une réflexion proposées aux professeurs et aux classes.

Mais profiter de la présence de cette œuvre, de ce lieu, de "cette classe de l'autre côté du miroir" c'est s'en servir pour amener également une réflexion sur l'empreinte que laisse l'école sur l'enfant mais aussi sur l'empreinte ou la "marque" que l'enfant peut laisser à l'école.

La place de cette marque quelle est-elle ?

Comment se formule-t-elle ?

Comment se fait-elle entendre ?

 

 

 

Bruno Saas, sculpteur

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par admin rene-descartes le 29 juin 2015 à 09:53

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