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Télémaques : s'éduquer à lire les images télé

Par Référent Culture, publié le lundi 8 mai 2017 12:31 - Mis à jour le mercredi 10 mai 2017 10:53

Marie Thomas-Penette, une « rencontre incroyable »

Des élèves ayant participé au projet Télémaques récapitulent la rencontre du 3 avril.

Le lundi 3 avril 2017, nous avons eu le privilège de rencontrer Marie Thomas-Penette, co-réalisatrice de Rwanda, la surface de réparation, ainsi qu’Isabelle Guitton, de Savoir au présent, dans le cadre du projet Télémaques. Notre entrevue a consisté en un échange se rapportant à son travail au Rwanda en vue de la réalisation du film sorti en 2014. Cette rencontre fut l’aboutissement d’un travail élaboré en classe sur la moitié de l’année.


Un témoignage de professionnelle. Beaucoup de questions ont été posées, passant par les caractéristiques techniques du film telles que le montage, le choix des scènes et des interviews, les rushes et les décors choisis, puis les relations créées tout au long des tournages. Nous avons rencontré quelqu’un de passionné par son métier et très ouvert aux différentes personnes et cultures rencontrées au cours de ses voyages.

Une expérience humaine. Ce qui nous a le plus marqués est l’expérience humaine vécue par l’équipe de tournage. Là où on imagine une démarche professionnelle d’avance planifiée, on trouve un reportage qui se construit progressivement, en tâtonnant, on découvre par exemple qu’Eugène est peu à peu devenu l’interviewer privilégié. On voit également le peu de protection émotionnelle dont a bénéficié l’équipe ; ainsi ont-ils eu besoin de se remettre psychologiquement.

L’envers du décor. Nous avons pu en apprendre plus sur ce qui s’était passé lors de l’interview de Zuzu [un génocidaire qui a pourtant protégé Eugène Murangwa, un tootsi, gardien de but de l’équipe nationale de foot], l’envers du décor et la difficulté d’obtenir les autorisations ainsi que les aveux d’un génocidaire. Marie Thomas-Penette nous a dit que la parole d’un génocidaire est difficile à obtenir. Lorsqu’ils devaient interviewer Zuzu, il a d’abord été calme, puis la situation s’est envenimée et Zuzu a quitté l’interview. Suite à un second rendez-vous, il ne s’est pas présenté et leur a confié une lettre qu’ils ont posée sur sa chaise, vide. Cette image de la chaise vide valait beaucoup mieux que des mots, sachant que Zuzu nierait les faits.

Plus d’explications. Durant cette conférence de Marie Thomas-Penette, les élèves ont pu poser des questions concernant les circonstances du tournage du film et demander des explications au sujet d’un passage précis, celui de la femme qui crie dans le stade. Cette dernière est sujette à des crises de panique, la commémoration faisant resurgir les mauvais souvenirs du génocide. Ces cris poussés par des rwandais sont fréquents [lors des cérémonies commémoratives] comme nous l’a fait remarquer la réalisatrice.

Des inquiétudes. Malgré la vision positive donnée par le documentaire quant à l’avenir du pays, Marie Thomas-Penette nous a fait part de ses inquiétudes. En effet, grâce à son témoignage, nous avons pu prendre connaissance des nombreuses séquelles des victimes du génocide, ceci n’étant pas explicitement présent dans le film. Elle nous a notamment parlé des difficultés de certains à témoigner, du refus catégorique d’autres et des tensions entre les communautés malgré la loi d’obligation au pardon.

Les précisons de Marie Thomas-Penette nous ont permis d’expliciter certains éléments et de clarifier nos interrogations. Nous avons particulièrement apprécié sa simplicité, sa proximité avec nous et ses interventions chaleureuses par rapport à son expérience personnelle lors du tournage.

Léa, Justine, Elisabeth, Clémence, Corentin, Anna, Maud, Maëva, Oumaïama, Nawel, Jeanne, Marion, Louise, Louis, Nicolas, Alex, Joris.

 

Projet qui a bénéficié du soutien financier de la Région.

 

 

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